Déploiement légal uniquement

Recruter un travailleur philippin en France : le cadre légal

Les deux versants obligatoires du circuit — français et philippin — ce qui est autorisé, ce qui ne l'est pas, et ce que risque un employeur qui passe à côté.

En résumé

Recruter un travailleur philippin en France suppose deux circuits administratifs menés en parallèle. Côté français : autorisation de travail délivrée par la DRIEETS, visa long séjour valant titre de séjour « salarié » ou « travailleur temporaire », validation OFII à l'arrivée. Côté philippin : accréditation de l'employeur par le MWO puis le DMW, vérification du contrat, et Overseas Employment Certificate délivré au salarié avant le départ. L'embauche directe hors circuit DMW est interdite par le Labor Code philippin, et aucun frais de placement ne peut être mis à la charge du travailleur. Délai réaliste : environ quatre mois. Il n'existe pas de version accélérée légale — seulement des montages qui exposent l'employeur.

Quelles démarches pour embaucher un salarié philippin ?

L'erreur la plus fréquente est de ne traiter qu'un seul des deux versants. Un dossier français parfait ne fait pas embarquer un salarié sans OEC ; une accréditation philippine ne remplace pas l'autorisation de travail.

Côté français

  • Autorisation de travail instruite par la DRIEETS — 6 à 12 semaines selon la région et la tension du métier.
  • Visa long séjour valant titre de séjour, mention « salarié » (CDI) ou « travailleur temporaire » (CDD), demandé au consulat de France à Manille.
  • Validation du visa auprès de l'OFII dans les trois mois suivant l'arrivée, puis visite médicale.

Côté philippin

  • Accréditation de l'employeur français par le Migrant Workers Office (MWO), puis par le DMW. C'est la première étape du projet : aucune sélection de candidat n'est possible avant.
  • Vérification du contrat de travail par le MWO : rémunération, durée, conditions, prise en charge du transport et du logement.
  • Overseas Employment Certificate (OEC) délivré au salarié juste avant le départ. Sans OEC, l'immigration philippine bloque l'embarquement.

Qu'est-ce qu'un déploiement légal — et qu'est-ce qui ne l'est pas ?

Nous ne traitons que des déploiements conformes aux deux réglementations. Ce n'est pas une posture : un montage irrégulier se paie côté employeur, en sanction pénale, en contribution spéciale due à l'OFII et en perte du salarié.

Déploiement légal

  • Recrutement via une agence titulaire d'une licence DMW en cours de validité.
  • Employeur accrédité MWO puis DMW avant toute sélection de candidat.
  • Contrat de travail français conforme, au minimum conventionnel de la branche.
  • Autorisation de travail obtenue avant la demande de visa.
  • Zéro frais de placement facturé au travailleur.
  • Départ couvert par un OEC nominatif.

Ce que nous refusons

  • Faire venir un candidat avec un visa touriste ou Schengen puis l'embaucher.
  • Signer un contrat en direct hors circuit DMW, sans exemption accordée.
  • Faire payer au travailleur les frais de recrutement, de visa ou de billet.
  • Rémunérer sous le minimum conventionnel au motif du pays d'origine.
  • Employer avant la délivrance de l'autorisation de travail, même quelques jours.
  • Passer par un intermédiaire dont la licence DMW n'est pas vérifiable.

Le point de contrôle le plus simple, pour un employeur qui compare des prestataires : demander le numéro de licence DMW de l'agence, et vérifier qui paie les frais du travailleur. Ces deux questions écartent l'essentiel des intermédiaires à problème.

Travailleur philippin ou travailleur asiatique : quelle différence ?

« Main-d'œuvre asiatique » recouvre des réalités administratives très différentes. Ce qui distingue les pays, ce n'est pas le niveau technique des candidats, c'est la lisibilité de la chaîne de recrutement depuis la France.

OrigineLangue de travailCertification techniqueCadre de déploiement
PhilippinesAnglais — langue officielle et langue d'enseignementTESDA — NC II / NC III, vérifiables avant entretienDMW : administration d'État dédiée, accréditation employeur, contrat vérifié, OEC au départ
IndeAnglais courant selon l'État et le niveau de formationNSDC / ITI, qualité hétérogène selon l'institut de rattachementeMigrate, obligatoire pour une liste de pays de destination
Viêt NamAnglais limité, forte capacité d'apprentissage linguistiqueCertifications nationales, peu lisibles depuis la FranceDOLAB : agences licenciées, orientation historique Asie de l'Est
Népal, BangladeshAnglais variablePeu de certification technique formaliséeEncadrement existant mais chaînes d'intermédiaires longues, frais souvent reportés sur le travailleur

Nous opérons depuis les Philippines, et uniquement depuis les Philippines. Non par principe, mais parce que c'est le corridor où la conformité est vérifiable pièce par pièce — licence de l'agence, accréditation de l'employeur, contrat visé, certificat de départ nominatif.

Combien de temps, combien ça coûte ?

Environ quatre mois, en six étapes détaillées sur la page notre processus. Le poste de coût principal est la taxe employeur de main-d'œuvre étrangère — 55 % du salaire brut mensuel, due une seule fois, plafonnée à 2 567 € ; tous les montants officiels sont sur la page barèmes 2026, avec leur base légale.

Si vous en êtes encore à vous demander si le recrutement international est la bonne réponse à votre situation, commencez par pénurie de main-d'œuvre : que faire quand personne ne postule — les cinq leviers y sont comparés, y compris ceux qui ne passent pas par nous.

Par secteur : BTP, industrie, maintenance et hôtellerie-restauration.

Questions fréquentes

Comment recruter un travailleur philippin en France ?+

Le circuit légal comporte deux versants. Côté français : obtenir l'autorisation de travail auprès de la DRIEETS, puis le visa long séjour valant titre de séjour « salarié » ou « travailleur temporaire », et faire valider le visa par l'OFII à l'arrivée. Côté philippin : l'employeur doit être accrédité par le Migrant Workers Office (MWO) puis par le Department of Migrant Workers (DMW), le contrat de travail doit être vérifié par ces administrations, et le salarié doit obtenir son Overseas Employment Certificate (OEC) avant de quitter le pays. Ces deux versants sont obligatoires : un dossier français impeccable ne suffit pas si le versant philippin n'est pas fait. Comptez environ quatre mois au total.

Un employeur français peut-il recruter un Philippin en direct, sans agence ?+

Non, sauf exemption. Le Labor Code philippin (article 18) interdit l'embauche directe de travailleurs philippins par un employeur étranger : le recrutement doit passer par une agence licenciée par le DMW, sauf dérogation expressément accordée par le DMW à des catégories limitées. Un contrat signé en direct, hors de ce circuit, n'ouvre pas droit à l'OEC — et sans OEC, le travailleur est bloqué à l'immigration philippine au départ, même avec un visa français valide.

Le travailleur philippin doit-il payer des frais de placement ?+

Non. Sur les déploiements que nous opérons, le travailleur ne paie aucun frais de placement : le coût du recrutement est supporté par l'employeur. C'est aussi le sens de la réglementation philippine, qui encadre strictement ce que peut être facturé à un travailleur. Une agence qui demande plusieurs milliers d'euros au candidat est un signal d'alerte : ce mode de fonctionnement expose le travailleur à l'endettement et l'employeur à un risque juridique et réputationnel direct.

Les travailleurs philippins parlent-ils français ?+

Rarement à l'arrivée. L'anglais est langue officielle et langue d'enseignement aux Philippines, si bien que la communication de chantier ou d'atelier se fait en anglais dès le premier jour. Le français s'acquiert ensuite, et sa maîtrise devient une condition pratique pour le renouvellement du titre de séjour et l'intégration durable. Sur les postes en contact direct avec la clientèle — hôtellerie-restauration notamment — un niveau de départ en français est à prévoir dans le cahier des charges.

Pourquoi les Philippines plutôt qu'un autre pays d'Asie ?+

Trois raisons pratiques. L'anglais, langue officielle et langue d'enseignement, qui rend l'intégration technique immédiate. Le système de certification TESDA, qui délivre des qualifications professionnelles (NC II, NC III) évaluables sur pièce avant même l'entretien. Et l'existence d'une administration d'État dédiée au travail à l'étranger, le DMW, qui accrédite l'employeur, vérifie le contrat et autorise le départ. Cette chaîne administrative rallonge le délai, mais elle rend le recrutement traçable de bout en bout — ce qui n'est pas le cas partout en Asie.

Un travailleur philippin peut-il venir avec un visa touriste puis être embauché ?+

Non. Un visa de court séjour n'autorise pas à travailler, et le changement de statut sur place n'est pas la règle. Une embauche dans ces conditions constitue un emploi d'étranger sans titre l'autorisant à travailler, sanctionné pénalement et financièrement pour l'employeur, avec une contribution spéciale due à l'OFII. Du côté philippin, un départ sans OEC relève des dispositions sur le recrutement illégal. C'est le seul montage qu'on nous demande régulièrement et que nous refusons systématiquement.

Quels métiers peut-on pourvoir avec un travailleur philippin ?+

Principalement les métiers manuels qualifiés en tension : construction (coffreurs, maçons, ferrailleurs, grutiers), industrie et soudure (procédés certifiés EN ISO 9606-1), maintenance industrielle et froid, hôtellerie-restauration (cuisine, étages, service). Le métier doit correspondre à un poste réel et durable, rémunéré au minimum conventionnel de la branche. S'il figure sur la liste des métiers en tension de votre région — arrêté du 21 mai 2025 — la situation de l'emploi ne vous est pas opposable.

Un projet de recrutement aux Philippines ?

Trente minutes pour vérifier que votre poste entre dans le cadre — métier, contrat, région, logement — avant d'engager quoi que ce soit.

contact@talentmobilis.com